Que dit le Coran des constellations ?
Les versets des burûj, le sens du mot, et la parole d'Al-Hasan Al-Basrî
Sache — qu'Allah nous guide, toi et moi, vers Son obéissance — que les signes du zodiaque sont douze et les maisons de la Lune vingt-huit. C'est par ces mots, presque une bénédiction murmurée au lecteur, qu'Al-Bûnî ouvre le traité des étoiles du Shams al-Ma'arif al-Kubrâ. Et avant toute technique, avant le moindre calcul, il commence par poser la seule fondation qui compte : les constellations sont nommées dans le Coran lui-même.
Cette première leçon vous fait suivre le folio ٢٧ pas à pas : les cinq versets qu'il invoque, dans l'ordre exact où il les déroule. Prenez le temps de lire l'arabe, même lentement — c'est le texte que le maître avait sous les yeux.
Les cinq versets des burûj
Arrêtons-nous un instant sur ce premier verset, car il dit deux choses. Les burûj sont un placement divin — « Nous avons placé ». Et ils sont faits pour être regardés — « pour ceux qui observent ». Contempler le ciel n'est donc pas une fantaisie de savants : c'est une invitation inscrite dans la création elle-même.
Ici, Allah jure par le ciel aux constellations — et une sourate entière porte leur nom. Or dans la langue du Coran, on ne jure que par ce qui est immense.
Ce quatrième verset glisse discrètement le second système que nous étudierons au Module III : les manâzil, les vingt-huit maisons de la Lune — déterminées (qaddarnâhu) par Allah, non par les hommes. Gardez-le en mémoire : tout le calendrier lunaire repose sur ce seul mot.
Que signifie le mot burj ?
Vous l'avez peut-être remarqué : ce dernier verset ne parle pas du ciel, mais de tours bien terrestres. C'est précisément pour cela que le folio le cite. Il en tire l'étymologie : le burj est le palais (القصر), et parfois la forteresse (الحصن) — un seul et même mot pour les tours des hommes et les constellations du ciel. D'où cette image, l'une des plus belles du chapitre :
Retenez cette image, car toute la suite du cours en découle : si les signes sont des palais, alors ils ont des habitants. Et le folio le confirme aussitôt — certains savants enseignent que ces burûj sont « les demeures des sept planètes errantes » (محل الكواكب السبعة السيارة). Chaque planète possède son château céleste ; la leçon 8 vous les fera visiter un à un.
La divergence des exégètes — et le tranchement d'Ibn ʿAbbâs
Le folio a l'honnêteté de rapporter que les gens du tafsîr n'ont pas tous compris le mot de la même façon :
| Opinion | Sens donné aux burûj |
|---|---|
| Certains | Les palais dans le ciel — preuve par An-Nisâ' 4:78 |
| D'autres | Les étoiles elles-mêmes |
| D'autres | Les lampes (al-suruj) |
| D'autres | Les portes du ciel, que l'on appelle la Voie lactée (al-majarra) |
Puis vient la parole qui clôt le débat :
Trois nombres sont scellés dans cette parole, et tout le cours en découlera : douze signes, sept planètes qui les habitent, et une division géométrique — quadratures et trigones — dont naîtront les quatre triplicités élémentaires de la leçon 9.
- Les constellations sont nommées cinq fois dans le Coran — et Allah jure par elles.
- Le mot burj signifie palais ou forteresse : les signes sont les châteaux du ciel.
- Ces châteaux sont habités : ce sont les demeures des sept planètes errantes.
- Ibn ʿAbbâs a tranché : il s'agit bien des douze signes connus, divisés par Allah en quadratures et trigones.
La porte est ouverte. Au fil des prochaines leçons, ces châteaux vont se peupler : leurs habitants — les planètes —, leurs terres — les triplicités —, et leur hôte de passage — la Lune, qui les traverse de demeure en demeure. Mais avant d'aller plus loin, une question mérite d'être posée en face : cette science est-elle seulement permise ? C'est tout l'objet de la prochaine leçon.
Source unique : Shams al-Ma'arif al-Kubrâ d'Ahmad Al-Bûnî, folio ٢٧ (page 33 de l'édition numérisée). Chaque citation de cette leçon a été relue sur le scan de l'édition originale reproduit ci-dessus, non sur une traduction automatique.
Précision des références : le verset « fussiez-vous dans des tours fortifiées » est An-Nisâ' 4:78 — vérifié mot à mot sur le texte coranique. Les versets sont cités dans l'ordre exact où le folio les invoque.
La science exposée dans ce cours est celle des ikhtiyârât — le choix des moments favorables pour la prière, l'invocation et l'action — telle qu'Al-Bûnî l'enseigne. Elle ne relève pas de la divination, dont la leçon 2 précisera la frontière selon Ibn ʿAbbâs.
Le Calendrier Astrologique affiche à chaque instant le signe à l'ascendant et la demeure où se tient la Lune.
Ouvrir l'Observatoire